Terminus Algérie contribution

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Oran, 2015.
Mohammed a la vingtaine. Il est homme de maison en Algérie.
Il a quitté la République démocratique du Congo il y a maintenant 7 ans, ou peut-être plus.
“Je vivais chez ma mère qui n’avait pas de travail. Pour payer les frais de scolarité, j’ai réparé les routes érodées, j’ai été vétérinaire et je cassais les gros cailloux pour revendre des caillasses. Ma grand-mère m’a montré comment soigner les animaux. Pour arriver ici, j’ai économisé $500. J’ai pris un avion jusqu’au Bénin puis je suis remonté par la route à travers le Mali. Arrivé à la frontière Algérienne, j’ai payé des locaux pour qu’ils me cachent dans leur voiture. Vous savez, il y a des Algériens qui jettent des gens dans le désert. Cela arrive souvent à des fillettes à qui on propose des choses indécentes. J’ai obtenu l’asile. Du coup, je reçois de la nourriture et des médicaments gratuits que je redistribue aux Noirs qui en ont plus besoin. J’aide les mamans avec des enfants qui dorment dans des maisons inachevées.
Si j’arrive à me faire un contact ici ou bien si le gouvernement veut m’aider, je voudrai importer la nourriture des Noirs. Les feuilles de manioc, le beurre de karité, les feuilles de patate, le poisson salé.
Mais mon but à long terme, c’est de gagner assez d’argent pour ouvrir une épicerie au Congo afin d’employer ma mère et mes sœurs. Mon rêve, c’est de réussir à aider plus de personnes, de venir en aide aux enfants abandonnés au Congo qui dorment dans la rue, chassés de leur maison.”
De la cuisine où il dort, Mohammed reste connecté aux affaires du pays avec internet tout en gardant un œil rivé vers l’horizon. Pour lui et pour beaucoup d’autres migrants, l’Algérie est tout d’abord censée être un pays de transit avant d’arriver en Europe.

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